Homéopathie et psychothérapie : le débat sur le panier de soins

Le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) a récemment déposé plusieurs motions visant à réduire le catalogue des prestations de l'assurance obligatoire des soins (LAMal). Son objectif est clair : retirer les soins qu'il juge non essentiels ou scientifiquement infondés pour freiner l'augmentation des primes maladie.

L'homéopathie : une question de preuve scientifique

Pour le député valaisan, le remboursement de l'homéopathie par la collectivité ne se justifie plus. Il utilise des termes directs, qualifiant les granules de "sucre" ou de "bonbons". Selon lui, l'efficacité de ces traitements n'est pas démontrée par la méthode scientifique rigoureuse.

L'argument principal est le suivant : l'assurance de base doit financer la médecine fondée sur des preuves. Si un traitement relève de la conviction personnelle ou de l'effet placebo, il devrait, selon lui, être financé par l'individu ou par des assurances complémentaires privées. Il compare d'ailleurs le remboursement de l'homéopathie à celui d'un pèlerinage, soulignant que l'État n'a pas à payer pour des croyances.

De leur côté, les défenseurs des médecines complémentaires rappellent que la population suisse a voté en 2009 pour l'intégration de ces méthodes dans la LAMal. Ils soutiennent que de nombreuses études valident leur utilité et que leur retrait ne représenterait qu'une économie minime sur le coût global de la santé.

La psychothérapie : entre coût et nécessité sociale

Le débat sur la psychothérapie est d'une nature différente. Contrairement à l'homéopathie, l'efficacité du traitement n'est pas remise en cause par Philippe Nantermod. C'est le mode de financement qui est visé.

Actuellement, les soins psychiatriques et psychothérapeutiques coûtent environ 2 milliards de francs par an à l'assurance de base. L'élu propose de sortir ces prestations de la LAMal pour les raisons suivantes :

  • Le coût pour les ménages : En retirant cette charge, les primes pourraient baisser d'environ 2,5%.

  • La capacité de paiement : Il estime qu'une thérapie complète coûte entre 1500 et 2500 francs. Selon lui, cette somme est gérable pour une grande partie de la population, à l'image des frais de dentiste qui ne sont pas remboursés.

Cette position rencontre une vive opposition. Les professionnels de la santé mentale et de nombreux parlementaires craignent qu'une telle mesure ne crée une médecine à deux vitesses. Le risque principal serait que les personnes les plus précaires renoncent à se soigner, ce qui pourrait entraîner des coûts bien plus élevés à long terme (hospitalisations, arrêts maladie ou rentes d'invalidité).

Une stratégie de remise en question du système

En s'attaquant à ces deux domaines, Philippe Nantermod cherche avant tout à provoquer un débat sur ce qu'il appelle le "panier de soins". Je constate qu'il ne s'embarrasse pas de nuances techniques ; son approche est politique et comptable.

Il admet lui-même que ses propositions ont peu de chances d'aboutir au Parlement. Toutefois, elles obligent les autorités et les assurés à se poser une question difficile : quels soins doivent rester solidaires et lesquels doivent devenir une responsabilité privée pour garantir la survie du système de santé suisse ?


 
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